Un constat : le fascisme s’est banalisé, il est passé dans le discours commun où sa possibilité n’est plus seulement latente, où son surgissement se fait de moins en moins « accidentel » et exceptionnel, en bref il est devenu ordinaire. Avant d’être une idéologie, un ensemble de thèses pseudo-philosophiques et pseudo-scientifiques vantant l’inégalité des sexes, des races ou des cultures, et accessoirement un ensemble de moyens étatiques et militaires destinés à asseoir une société fondée sur ces principes (en bref un pouvoir autoritaire), le fascisme est surtout un mécanisme d’exclusion dans le langage, à même la langue : c’est avant tout une violence faite au langage.
