Affichage des articles dont le libellé est François Dufrêne. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est François Dufrêne. Afficher tous les articles

La Poésie sonore et électronique. Quelques aspects

Bernard Heidsieck

L'Ultra-lettrisme

Il manquait à ces premiers expérimentateurs en matière de poésie sonore que furent les dadaïstes et les futuristes, trop confinés dans phonétisme, voire dans le lettrisme, un moyen qui leur permit de donner aux poèmes composés de phonèmes toute leur ampleur. Car ces œuvres pour être entendues devaient être notées (par une écriture évidemment mal adaptée) puis récitées. Ce moyen qui leur manquait était le magnétophone. La fonction de cet instrument apparait clairement dès lors que, avec sa vulgarisation dans les années 50, le poète est confronté directement avec sa propre voix qu'il peut ainsi surveiller, travailler, et thématiser d’autant mieux. Le deuxième avantage concerne la composition des œuvres elles-mêmes, leur élaboration par coupages, montages, effaçages, superpositions, création d'échos, introduction de plans différents, de perspectives, de bruits extralinguistiques, souffles, etc. Donc possibilité de créer un véritable paysage linguistique, de travailler directement sur la bande magnétique comme le peintre sur la toile.